Communiqué de presse
lundi 16 février 2009 par WebMaster
Le constat est sans appel : le travail rend malade et tue tous secteurs et toutes catégories professionnelles confondues. Le nombre officiel des maladies professionnelles a explosé : 13 658 en 1996, 52 979 en 2005. Le nombre d’accidents du travail graves et mortels reste très élevé : 537 décès en 2006, soit 13% de plus en un an. 622 décès en 2007 soit à nouveau + 15,8 % de plus ! Les suicides directement liés au travail sont estimés à 400 par an, pour la plupart non reconnus comme accidents du travail. Plusieurs millions de salariés sont exposés, sans aucune protection, à des produits connus pour être cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, contribuant ainsi grandement aux inégalités sociales face au cancer : un ouvrier a dix fois plus de risque de mourir du cancer avant 65 ans qu’un cadre supérieur.
Pour la CGT, tous ces drames ne sont pas dus au hasard : c’est le résultat de politiques d’entreprises, tant privées que publiques, pour lesquelles les coûts sociaux doivent être toujours plus compressés. Ces politiques ont privilégié et généralisé la sous-traitance, elles ont intensifié le travail comme jamais depuis de nombreuses décennies. Une sous-traitance avec des conditions de travail scandaleusement dégradées : Désormais, on peut dire sans se tromper que « les travailleurs des entreprises extérieures, c’est devenu de la chair à canon ! ».
La mise en danger d’autrui par des choix de politique économique bénéficie dans ce pays d’une incroyable mansuétude. Les employeurs ne sont pas considérés comme de véritables délinquants. Trop souvent les procédures relatives à des accidents mortels du travail sont classées sans suite. Trop souvent les condamnations – lorsqu’elles interviennent - ne touchent que les employeurs en bout de chaîne de sous-traitance et sont symboliques. Les grands donneurs d’ordre y compris l’Etat, dont la responsabilité dans l’organisation du travail est pourtant essentielle, ne sont qu’exceptionnellement concernés. Notre région n’est pas épargnée : 45 accidents mortels recensés en 2008 sur la région CRAM Nord/pas de Calais Picardie. Pas plus que ne l’est le Littoral Dunkerquois : Port, Métallurgie, Sidérurgie, Chimie, Pétrole, Energie, BTP, transport, de partout les « presqu’accidents » sont signalés, autant de sources potentielles d’accidents graves qui débouchent finalement sur des mortels : 3 décès en 2 mois dans nos entreprises du littoral, dont deux sur le seul site de Total de Dunkerque qui s’enorgueillie de 14 milliards de profits.
On meurt simplement parce que l’on travaille.
On meurt simplement parce que des entreprises ne respectent pas la réglementation.
On meurt simplement parce que la justice considère comme quantité négligeable et méprisable ces morts au travail.
Il faut que cette situation cesse ! La CGT dénonce ce qui est un véritable scandale et un véritable déni de justice dans un état de droit digne de ce nom. L’accident mortel du 29 janvier est l’accident de trop ! C’est la raison pour laquelle notre Organisation Syndicale a décidé d’agir. Dans un premier temps, l’Union Locale CGT de Dunkerque en appelle au sous-préfet de Dunkerque, pour que les responsabilités de chacun soient prises !
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