Motion TOTAL
mardi 23 mars 2010 par WebMaster
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C’est avec une grande attention que nous avons pris connaissance de la résolution proposée par votre conseil communautaire sur l’avenir de la Raffinerie des Flandres, qui nous a été présentée le vendredi 19 mars 2010.
Tout d’abord nous vous remercions d’avoir réuni ce conseil communautaire qui représente une étape importante dans la construction de la lutte que nous menons depuis le début du conflit aux côtés des salariés de Total, et pour l’avenir du tissu industriel, économique et social de notre littoral.
Ce qu’attendent les salariés et notre Union Locale de la part des membres de ce Conseil c’est un engagement politique qui s’oppose avec force aux objectifs catastrophiques de la Direction de Total et du gouvernement. Nous aurions, bien entendu préféré, que celui-ci se tienne avant le 8 mars 2010, jour du CCE du groupe Total, mais bien sûr le combat n’est pas terminé et cette proposition de résolution garde tout son sens.
Par contre, nous nous permettons d’y apporter quelques critiques et propositions.
Comme vous le précisez, la construction de cette résolution est basée sur l’expression de l’intersyndicale des salariés de Total, ainsi que des partenaires économiques et sociaux sur les suites à donner à l’annonce du groupe Total de fermer la Raffinerie des Flandres.
Les suites de cette proposition de résolution nous semblent en décalage avec les expressions formulées depuis des mois par l’intersyndicale des salariés de Total, qui sont le « Grand Arrêt » et « le redémarrage de la raffinerie ».
Votre proposition en fait mention de façon très partielle et exprime des inquiétudes qui s’orientent autour de l’éventualité de la fermeture de la Raffinerie des Flandres.
Concernant les conséquences de l’arrêt du raffinage sur l’activité du Grand Port Maritime, l’analyse est centrée sur les inquiétudes face à la baisse du tonnage et les compensations financières. Ce sont certes des éléments à prendre en considération, mais on oublie, tout au moins on n’évoque pas les conséquences sur le devenir des salariés du port. Nous faisons malheureusement trop souvent le constat pertinent que se sont toujours les salariés qui font les frais des dirigeants d’entreprises qui « cherchent des compensations financières », ou qui sont en « quête » de plus de profits. Les dirigeants de ces entreprises ne cherchent pas bien longtemps.
Concernant l’inquiétude des collectivités territoriales quant au risque de voir leurs ressources fiscales amputées, vous ne faites pas mention des conséquences pour les employés de ces collectivités territoriales et pour les usagers des services publics. En effet ceux-ci feront eux aussi les frais de cette quête de compensations financières liées à la suppression de la taxe professionnelle (de celle de Total plus précisément).
Votre proposition de résolution ne se positionne pas contre la suppression de cette taxe professionnelle.
L’amputation des recettes fiscales de nos collectivités sera d’autant plus importante lorsque nos entreprises auront disparu, que leurs salariés seront encore plus nombreux a être touchés de plein fouet par les licenciements appauvrissant leur famille, que nos territoires se seront désertifiés en raison de la mutation des salariés et de leurs familles.
Les conséquences seront dramatiques, mettant en péril notre tissu économique et social.
Comme l’a si bien dit notre camarade Claude Tange :
Nous Sommes Tous Des « Total » !!!
De plus, le constat de la Chambre de Commerce et d’Industrie fait lors de ce conseil communautaire, reflète parfaitement l’état dans lequel se trouvait en 2009 le monde salarial de notre littoral. Ce constat n’est pas rassurant et sera encore plus catastrophique pour l’année 2010 voire 2011.
Il ne fait malheureusement que conforter, (nous souhaitions nous tromper), notre prévision des conséquences catastrophiques sur le bassin d’emploi de notre littoral, que nous avions dénoncées depuis un an en début de crise.
En dehors des conséquences sur l’emploi en cas de fermeture de Total, trop nombreux sont les salariés qui continuent aujourd’hui de payer les frais de cette crise soit disant terminée. Elle ne l’est pas pour tout le monde. ..
A maintes reprises et depuis le début du conflit, l’intersyndicale, notre Union Locale CGT, le collectif CGT Pôle Chimie et la coordination CGT du groupe Total, ont dénoncé les conséquences d’une fermeture sur tout le littoral en termes d’emploi, d’entreprises, de tissu économique et social… et ont démontré que les arguments provocateurs des dirigeants de Total les amenant à proposer des solutions autres que celle de la continuité du raffinage sont irrecevables et inacceptables. L’intervention de Marcel CROQUEFER représentant CGT de Pôle Chimie, l’a encore une fois très bien exposé.
D’ailleurs, de nombreux élus politiques de diverses collectivités, et pour certains membres de ce conseil, ont apporté leur soutien aux salariés de Total et à leurs revendications et se sont prononcés clairement pour le « redémarrage de la Raffinerie des Flandres » par délibération en conseil municipal.
En conclusion, le contenu de votre proposition de résolution ne porte que sur l’éventualité d’une fermeture de la raffinerie des Flandres. Nous souhaitons que celle-ci soit construite sur les principales revendications de l’intersyndicale des salariés de Total qui sont le « Grand Arrêt » nécessaire au « Redémarrage de la Raffinerie des Flandres ».
Nous souhaitons aussi que votre résolution mentionne clairement votre opposition à la suppression de la Taxe Professionnelle, comme l’ont déjà exprimé certains conseils municipaux.
L’union Locale CGT de Dunkerque espère être entendue par tous les Conseillers Communautaires au nom des salariés de Total, de ceux de la sous-traitance, de toutes les synergies, du développement économique et social, des collectivités et de ses employés et usagers, de nos enfants et de leur avenir, de nos écoles, nos crèches, des associations et club sportifs…en soutien à nos combats contre la loi de la rentabilités et du sacrifice du monde salarial au profit d’une minorité de privilégiés, et contre le gouvernement et les politiques qui accompagnent et favorisent ce libéralisme.
L’Union Locale CGT de Dunkerque espère pouvoir compter sur tous les membres du Conseil pour qu’ils apportent et démontrent leur soutien aux salariés de Total. Vous êtes une force politique qui est en capacité de faire front par vos actes et engagements au plus haut niveau et aux côtés de tous ceux qui luttent contre les projets des dirigeants de Total et du gouvernement.
Les salariés de Total ont besoin, plus que jamais, de savoir sur qui ils peuvent compter, pour que le raffinage continue à Dunkerque.
Dans l’attente de vous lire, nous vous prions de croire, Mesdames et Messieurs les Conseillers Communautaires, à nos sentiments les plus respectueux.
Pour l’Union Locale CGT Dunkerque
La secrétaire : Melle Christelle VEIGNIE
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